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Portraits, Johann Graille-Bégin, Anne-Daphné Dietz 22/09/2018

 
 

Johann Graille-Bégin, des détours pour trouver sa voie

 Portraits,  Johann Graille-Bégin, Anne-Daphné Dietz

 
 
Johann Graille-Bégin 30 ans, animateur de la pastorale des jeunes, Nancy
Nancy
 
Il garde de son enfance le souvenir simple et chaleureux de prières avec ses parents devant l'oratoire familial.
Depuis, sans jamais remettre en cause l'existence de Dieu, Johann Graille-Bégin, animateur salarié de la pastorale des jeunes du diocèse de Nancy, et coordinateur provincial de la pastorale des jeunes, a connu un chemin inattendu et sinueux pour trouver sa propre façon d'être chrétien, très éloignée de l'univers charismatique de sa mère.
Comme beaucoup, il cesse quasiment de pratiquer au lycée.
Durant ses études de montage audiovisuel et de cinéma, il s'intéresse au traitement des rêves par Fellini, et donc à la psychanalyse jungienne.
Il lit de plus en plus sur l'ésotérisme, la gnose, l'alchimie, voire l'astrologie. Il y trouve les signes d'un ordre du monde : tout n'est pas là par hasard. « J'avais l'orgueil de vouloir tout comprendre et tout maîtriser, mais cela a eu le mérite de m'ouvrir à nouveau sur l'irrationnel et donc sur Dieu. »
Lecteur de l'intellectuel ésotérique René Guénon, curieux des voix iconoclastes s'exprimant sur Internet, il s'intéresse à ses racines, aux dérives de la modernité, et à l'histoire de France.
Inquiet de l'actualité géopolitique, il se sent de plus en plus patriote.
 « Je me suis rapproché de l'Église pour des raisons aussi identitaires. » Il trouve un idéal – encore aujourd'hui – dans le royalisme.
Il fréquente la fraternité Saint-Pie-X, qui répond à son besoin de sacré et sa conception de la morale, tout en poursuivant sa vie de jeune bien dans sa peau, qui accompagne parents et grands-parents à la messe « classique » quand il leur rend visite.


Sa véritable rencontre avec Jésus ne vient qu'après. Alors qu'il traverse une période sombre, Johann se casse un os de l'avant-bras. L'opération risque de lui faire perdre sa main.
 « J'étais dans un état de grande paix. J'ouvre mon missel et je lis : Ils danseront les os que tu broyais ». Avant de partir en volontariat jésuite au Tchad, il entend Dieu durant les oraisons de sa retraite ignatienne. Sans renoncer à ses convictions politico-identitaires et morales, il veut donner plus de place à sa vie de foi.
Depuis un an et demi, Johann, toujours en quête, mais apaisé, a trouvé sa place dans une chapellenie de Nancy où la messe est dite en latin, dans un cadre reconnu par le diocèse. 
« J'ai besoin d'une transcendance. Dieu est mon roc, mon guide. » Portant un regard moins dur sur le monde, il envisage même de nouvelles préoccupations, comme le consommer local.
Au moment d'être recruté par le diocèse il y a un an, servir l'Église lui apparaît comme une chance, tout comme l'accompagnement spirituel qui lui est proposé.
Il apprécie son rôle d'interface entre des mouvements et services de cultures très différentes.
 « Suivre la voie du Christ, c'est enflammer le monde d'Esprit Saint, dire aux gens que Dieu les rendra libres. Cela dépasse toutes les étiquettes. »
ÉLISE DESCAMPS

 Portraits,  Johann Graille-Bégin, Anne-Daphné Dietz






Anne-Daphné Dietz, vivre sa foi à sa manière


Anne-Daphné Dietz 30 ans, chargée de communication,


Paris
Lorsqu'elle aborde sa foi chrétienne et son appartenance à l'Église, Anne-Daphné évoque à la fois le vent frais de la nouveauté et l'assurance d'une certaine maturité, d'un ancrage.
À l'origine, il y a bien sûr l'éducation chrétienne, reçue de parents investis dans l'Église.
Anne-Daphné ne l'oublie pas. Mais, à présent, il y a plus.
« J'ai ressenti un désir et cherché moi-même comment le nourrir », dit celle qui a engagé sa « propre liberté » et invente une manière personnelle de vivre sa foi.
À l'instar de beaucoup d'adolescents, Anne-Daphné préférait la grasse matinée à la messe de 9 h 30 – bien trop matinale ! Ses parents l'en laissèrent libre.
Puis vint l'époque des études, avec son « ambiance festive », à Lille, en Allemagne et à Paris : « Une vie de plaisirs immédiats, où il fallait répondre à toutes les sollicitations, partout et tout le temps. » 
À ses débuts en agence de communication, Anne-Daphné ressent un manque, sans toutefois l'identifier. « Ma vie était superficielle, je passais à côté de l'essentiel », analyse-t-elle aujourd'hui.
Son « tremplin » fut composé de rencontres et de témoignages. 
« Des amis m'ont invitée à célébrer le Nouvel An 2015 à l'École de charité et de mission (ECM, communauté de l'Emmanuel, NDLR) de Saint-Nicolas-des-Champs. » 
D'abord décontenancée par le style charismatique, elle se mêle avec étonnement à ces jeunes cathos finalement pas coincés.
C'est au sanctuaire de Paray-le-Monial (Saône-et-Loire) qu'elle reçoit l'assurance d'avancer dans une bonne direction.« Tous ces jeunes semblaient unis par quelque chose. Il émanait d'eux de la joie et une profonde paix. J'ai compris que Dieu était là – non seulement pour tous, mais pour moi en particulier. » 
Un an plus tard, elle intègre à son tour l'ECM, où elle découvre sous un nouveau jour la prière, la lecture de la Bible, la théologie... Sa conversion entraîne un bouleversement : au sein de sa famille, elle suscite de nouveaux échanges ; professionnellement, Anne-Daphné s'est mise en quête d'un emploi davantage porteur de sens.
Sa confirmation, cette année, aura été ce pas de plus sur un chemin où elle se sent « comme une jeune conductrice »« C'est encore très frais », sourit-elle. Si elle est à son aise au sein de la paroisse, les évêques et le pape lui paraissent encore lointains. 
« Les rencontres et les témoignages directs me touchent davantage. » De même, à part une affection particulière pour la Vierge Marie et sainte Anne, elle éprouve de la difficulté à s'identifier aux saints de l'Église. Enfin, la néophyte est soucieuse de ne pas confondre le sens de la communauté avec l'entre-soi : en cultivant aussi ses relations avec des amis non croyants ; en cherchant des engagements hors de l'Église, où témoigner par sa simple manière d'être. Enfin, en fuyant les messes mondaines. « Si je suis là, c'est pour Lui, pas pour retrouver les copains sur le parvis. »
ADRIEN BAIL

Tags : Portraits ♥

Beauté des modèles 22/09/2018

 
 

Merci à Gimli 13
 

John Irving, le monde selon Garp 21/09/2018

 
 
 
John Irving, le monde selon Garp

John Irving, le monde selon Garp

 
 

Romancier, Garp insère dans le récit tragico-burlesque de sa vie des extraits de son ½uvre, mêlant ainsi la réalité à la fiction au sein même de la fiction.
Ce procédé, sans être vraiment original, révèle néanmoins que le monde est pour Garp un univers où c'est l'imagination qui règne.
Roman qui mêle allègrement la farce et la tragédie, Le Monde selon Garp montre un univers où les références sont inversées sans tabous: la mère a une virilité d'homme,
Robert devient Roberta, les hommes mordent les chiens... Cependant, il reste quelque chose de sacré, un havre de paix rythmé par le ressac et vers lequel la métaphore liquide ramène toujours : la famille. Garp porte le nom de son père inconnu, sa fille comme sa mère se prénomme Jenny et la silhouette de la demeure familiale du New Hampshire ponctue tout le roman comme une promesse de bonheur.
Si Le Monde selon Garp connaît un tel succès, c'est sans doute parce qu'à grand renfort de péripéties, à l'image des grands romans picaresques, Irving nous y montre une réalité toute simple.
Sana Tang-Léopold Wauters
 
"Alors qu'en 1943, face à une contraception défaillante, le souci de bien des femmes reste d'avoir un homme sans avoir d'enfant, la préoccupation de l'excentrique Jenny, infirmière dans un hôpital bostonien, est au contraire d'avoir un enfant bien à elle, mais surtout pas de fil à la patte. C'est pourquoi elle jette son dévolu sur le sergent technicien Garp, "opérationnellement" intact en dépit de son cerveau endommagé. De cette éphémère union naîtra S.T. Garp. 

Impossible d'emprisonner en quelques phrases ce roman qui ne ressemble à aucun autre - une ½uvre débordante d'humour et d'énergie qui, par ses personnages colorés, exubérants, dingues, son foisonnement de péripéties et d'incidents rocambolesques, nous impose la vision d'un monde grotesque, chaotique, pétri de violence. Une parodie de notre monde où, comme le remarque un personnage, "l'assassinat est un sport amateur de plus en plus répandu". 

Le Monde selon Garp, c'est d'abord le récit des rapports orageux et tendres entre une mère célèbre (devenue féministe malgré elle), et son fils écrivain, tous deux dotés d'un individualisme forcené. Leur ½uvre demeurera incomprise et sera déformée, exploitée par autrui.

Le Monde selon Garp, c'est aussi l'histoire irrésistible, émouvante, tragique, d'un homme généreux et angoissé aux prises avec ses rôles de fils, d'amant, d'époux, de père. 

Le Monde selon Garp, c'est enfin un merveilleux commentaire sur l'art et l'imaginaire, la preuve éclatante que l'outrance et le baroque peuvent " éclairer " avec une incomparable justesse notre monde. Selon Garp, " le romancier est un médecin qui ne s'occuperait que des incurables... et nous sommes tous des incurables. "

Source: Points 1981

Tags : Livres - john irving

David Goudreault Écrivain - Un éveilleur de consciences 21/09/2018

 
 
 





David Goudreault Écrivain Nouvelle voix québécoise, l'auteur, poète et slameur, signe un premier roman qui invite à réfléchir à la prise en charge des jeunes délinquants. Il sera un des invités du festival America à Vincennes ce week-end.


Né en 1980 à Trois-Rivières, au Québec, fils d'un publicitaire grand lecteur et d'une infirmière de l'hôpital public, David Goudreault tombe amoureux des mots dès l'enfance, avant de suivre des études de travailleur social, à Sherbrooke.
Pendant huit ans, il accompagne les personnes suicidaires et les endeuillés. Puis il suit les policiers, pendant quatre ans, sur les scènes de crimes et intervient auprès des victimes.
Parallèlement, il slame, remporte la Coupe du monde à Paris en 2011, publie des recueils de poésie, et reprend en 2016 la direction du festival d'été « La Grande nuit de la poésie » à Saint-Venant-de-Paquette (Québec). 
« La littérature, sous toutes ses formes, est tellement importante dans ma vie que je désire la rendre accessible à tous », explique-t-il.
Son premier roman, La Bête à sa mère, publié en France aux éditions Philippe Rey, réussit à rendre un criminel attachant, en montrant qu'il a, comme nous tous, soif d'amour et de reconnaissance.
Dans une écriture visuelle, proche de l'oralité, au débit accéléré, truffée d'expressions québécoises et de clins d'½il humoristiques, il nous fait rencontrer un enfant de 7 ans, dont on ne connaîtra pas le nom, tant il ne parvient pas à exister.
Sa mère tente en permanence de se suicider ; elle est incapable de lui donner le nom de son père et, quand elle revient à la réalité, c'est pour l'insulter.
Courageux, le garçonnet repousse de toutes ses forces les malheurs qui l'accablent.
Les services sociaux les séparent. Enfermé dans les préjugés des pères adoptifs successifs et des enseignants, il bascule dans l'univers de la criminalité, tout en écrivant des poèmes et en rêvant de devenir une star du rap.
Il a une obsession : retrouver sa mère, qu'il a totalement idéalisée.
En filigrane, l'auteur souhaite susciter une prise de conscience : « Le système n'arrive pas à réinsérer les jeunes criminels, parce qu'il n'en a pas les moyens. C'est un choix de société : veut-on investir dans la prévention ? Autrement dit, pense-t-on qu'il est possible, et souhaitable, de sauver les jeunes en perdition ? » David Goudreault répond « oui » aux deux questions. Il veut « amener chaque citoyen à se positionner ». Il rencontrera son public, pour des débats qui s'annoncent passionnants, au festival America.


9e édition du festival America


Le festival bisannuel America s'est imposé depuis 2002 comme le rendez-vous réunissant les meilleures littératures venues d'Amérique du Nord.
Québec et Canada (mais pas que) seront les stars de cette édition, dont la riche programmation annonce 74 écrivains anglophones et francophones.
Parmi les temps forts, les fans de John Irving pourront retrouver l'écrivain à l'occasion des 40 ans de la parution du Monde selon Garp (aujourd'hui 21 septembre à 17 heures, et demain samedi lors de trois rendez-vous, dont l'un avec Nathan Hill, auteur du magistral roman Les Fantômes du vieux pays).
David Goudreault sera présent tout au long du festival lors de six débats, dont celui en compagnie de Tadzio Koelb et Ivy Pochada, intitulé « B... comme (Le) Bien (et le Mal) » (samedi à 17 heures), mais aussi une performance de slam, mêlant langue, humour et poésie (samedi à 19 heures).
Du 20 au 23 septembre à Vincennes. Rens. et prog. complet : www.festival-america.com


Tags : Portrait - festival-america - QUÉBEC ♥

L'image 21 septembre 2018 21/09/2018

 
 

Exercice aérien à Minorque (Baléares) le 18 septembre, en vue de la célébration du centenaire de la Royal Air Force qui devait se tenir hier à Saint-Omer (Pas-de-Calais).
David Arquimbau/EPA/MaxPPP
 
 
« 
L'art de voler ne fait encore que de naître.
 »
Fontenelle

Tags : Images ♥